cadauers, luy eſtoient dediez, comme le Narciſſe aux Parques. On dit que ce Dieu fut vne fois mal-content de viure touſiours veuf & ſans enfans, veu qu’il eſtoit Dieu d’vn ſi puiſſant Empire, & ne pouuoit trouuer femme qui le vouluſt eſpouſer, quoy qu’il fuſt frere de Iupiter, & le plus riche de tous les Dieux. Car il n’y adoit aucune Deeſſe qui le vouluſt auoir pour mary, à cauſe de ſa laideur, & de ſa couleur enfumee, & de l’obſcurité de ſon Royaume. Iceluy donc, cette opinion, ou pluſtoſt cette fureur luy tourmentant l’eſprit, monta ſur ſon chariot auec ſes Cheuaux à poil noir, & arriua en Sicile. Proſerpine rauie par Pluton.Là d’auenture ſe trouua Proſerpine, fille de Cerés, qui auec d’autres filles cueilloit des bouquets, & l’ayant trouuee bien à ſa fantaiſie, en deuint amoureux ; auſſi eſtoit-elle plus accomplie & en beauté de viſage, & en taille de corps, qu’aucune des autres. Il la rauit donc, & l’emporta dans ſon chariot vers la riuiere de Chemar, & de là l’emmena en ſõ Royaume, qu’on penſoit eſtre ſous terre ; teſmoin Pauſanias en l’Eſtat de Corinthe. Claudian a deſcrit toute cette hiſtoire en vne belle œuure poëtique, & Ouide au 5. des Metamorphoſes. Pluton fut fort honoré à Pyle, où il auoit vn Temple magnifique, comme dit Strabon au 8. liure. Et prés de Pyle il y a vne montagne nommee Menthe, du nom d’vne concubine de Pluton, que Proſerpine cauteleuſement tranſmua en vne herbe de iardin, qui retient encore auiourd’huy le nom de Mente. Ledit Strabon au 9. liure eſcrit que ſur le riuage de la riuiere de Coral, où ſe ſolemniſoit vne feſte nommee Pambœoce (c’eſt à dire aſſemblee de toute la Bœoce) on dreſſa vn Autel cõmun à Pluton & à Pallas pour certaine raiſon myſtique. On faiſoit offrande de Taureaux à Pluton, teſmoin Horace au 2. liure des Carmes :

Non quand tu te rendrois propice, Amy, l’impiteux Pluton, Offrant tous les iours en don Trois cents Taureaux pour Sacrifice.

Goufre de merueilleuſe efficace.Strabon au 13. liu. dit qu’au pays des Cybiriẽs , prés Hierapolis en Aſie y auoit vn trou en la vallee d’vne petite mõtagne , qu’on appelloit La bouche de Pluton, capable de contenir vn hõme  ; & eſtoit infiniement creux, mais d’vne efficace beaucoup plus admirable. Car il auoit à l’oppoſite vn rampar quarré, cõtenant enuiron vn demy arpent, couuert d’vn gros & eſpais broüillards : toutefois cet air ne faiſoit aucun dommage aux voiſins. Que ſi quelque animal entroit dedans, il mouroit quand-& quand, & les Bœufs qu’on y menoit, tumboient ſoudainement roides morts. Etymlogie du Pluton.Les Latins ont nommé Pluton, Orque, cõme dit Ciceron en la 6. Action cõtre Verrés : Cette faſcherie eſtoit ſi grande, qu’il ſembloit que Verrés, deuxieſme Orque, fuſt venu à Enne, & n’euſt pas emporté Proſerpine, mais rauy Cerés meſme. Il fut appellé Pluton, parce que c’eſt luy qui dõne des richeſſes que les Grecs nomment ploûtos, dit Lucian au Dial. de Timon ; & Platon dans Cratyle.