[12 août 1935]
Chers amis,
Je suis bien content aussi. J'ai vu Mlle Adler la veille de mon départ. Il y avait chez elle Mme X… (je suis, vous savez, atteint de sagesse malgache), chez qui nous ne sommes pas allés en l'honneur de Maillol le jour où vous m'avez proposé de lire un manuscrit sur Sieyès, ou Talleyrand, ou qui sait. Il m'a semblé comprendre dans la conversation que cette personne avait des affinités avec Marie Laurencin. Toutes deux très sympathiques, d'ailleurs. Mais, vous savez, j'ignore à peu près tout du prix Doucet, et c'est la 1re fois que j'entends citer à son propos le nom d'André Suarès : bien sûr, s'il en est ainsi, je vais le remercier de grand cœur ; mais dites-moi exactement quel rôle il a joué et comment a fonctionné cette élection : j'attendrai votre réponse pour lui écrire, de peur de faire des gaffes, et ces 2 ou 3 jours de retard peuvent être mis au compte de mon départ de Paris. Mais c'est surtout à vous que je dis merci.
Nous sommes à La Rochelle et, bien que saignés et gonflés par les moustiques, c'est incroyablement bon de n'être plus à Paris ; nous allons tout à l'heure explorer les îles et chercher un endroit habittable pour 2 ou 3 semaines. De là, je vous écrirai et vous enverrai peut-être même des notes, notices, notules, noticules.
Je suis bien content de vous savoir à Port-Cros. Vittel, ça ne vous va pas ; je n'ai pas grande confiance dans ces villes d'eaux. Dommage que vous ne soyez pas