BERNSON

VAU 19-49

Paris, le 24 avril 1950

8, rue Thureau-Dangin XVe

A Monsieur J. Paulhan

PILOTAZ

Monsieur -

Lors de son séjour en Guinée mon ami Paul Pilotaz m’avait avertie de votre désir de revoir son manuscrit « Noirs, mes frères ».

J'en ai été très heureuse, car il me semble que vous, Monsieur, mieux que tout autre, sauriez reconnaître dans cette oeuvre des valeurs profondes, non encore accessibles à tous : Pilotaz écrit comme il plante ses arbres fruitiers en Savoir ou sa bananeraie en Guinée avec ses Noirs, posément, un peu maladroitement peut-être, mais avec un rendement sûr qui fait l’admiration des connaisseurs.

S'étant mis très tard à écrire (à la suite d’une consultation graphologique auprès de mon mari !) il reste encore en dehors des relations et des habitudes littéraires.