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Lundi 18 août [1952] Cher Paulhan Vous m'avez écrit une lettre mémorable. Je suis confus d'être l'unique bénéficiaire de cette allégorie si ingénieuse et si pertinente, dont la publication serait si utile dans ces temps de sartreries, camuseries et autres jaspinages. J'avais l'intention de vous répondre aujourd'hui, pour défendre ce qui fut mon point de vue (pour le présent, c'est une autre affaire). Mais je vous avoue que je dois attendre d'avoir l'esprit un peu plus libre. En fait de « liberté », cela va aussi mal que possible. Je n'aurais pas voulu vous importuner avec le récit de ces mesquineries ; si je le fais, c'est sur le conseil très pressant de Véronique.Les deux premiers paragraphes sont encadrés et barrés d'une grande croix. À peine arrivé dans cette Dordogne – je crois vous l'avoir déjà dit – j'ai été avisé officiellement que ma présence y était indésirable (suite immédiate de la campagne des journaux communistes). J'ai alors demandé l'autorisation de séjourner en Seine et Oise, ce qui est bien mon lieu d'hébergement naturel, puisque ma femme y a son domicile. (D'autre part, qu'on le veuille ou non, je suis écrivain français, et ce n'est pas un métier qu'on exerce dans des communes rurales.). Le ministère de l'Intérieur m'a fait savoir

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